Un mariage et cinq enterrements
Depuis que nous avons déménagé, il ne se passe pas une semaine sans que les cloches de l'église près de l'appart ne sonnent. Et alors, vous dites-vous? Après tout, il doit bien rester des catholiques attachés à leur messe du dimanche, normal non?
Oui, très juste. Sauf que ça sonne aussi en semaine. Et que malgré l'évolution des moeurs, ya pas encore grand monde qui se marie le jeudi matin, le lundi après-midi ou le mardi vers midi. Non, dans ma ville, on meurt. Toutes les semaines. Je ne sais pas s'il y a un vivier de vieux. Ou un taux exceptionnellement élevé de maladies incurables et autres cancers. Ou des promos sur les cérémonies funèbres. Ou un serial killer (si c'est ça, qu'on me prévienne, j'ai pas envie d'y passer...). Mais on meurt régulièrement à BLC.
Au point qu'on ferait presqu'une croix dans le calendrier quand il y a un mariage, histoire de s'en souvenir, et de ne pas sombrer dans une sinistrose aussi noire qu'un corbillard.
M. Léludemoncoeur et moi, pour conjurer le sort, on a vite cherché à en rire. Mais c'est difficile. Alors on a cherché un slogan et on a trouvé. A tel point que je me demande si on n'a pas raté notre vocation de publicitaires, que même qu'on gagnerait mieux notre vie qu'en faisant journaliste. C'est triste, mais c'est le destin sans doute.
Oui, on peut vraiment le dire "BLC, la ville où l'on s'ennuie à mourir!!"
PS: faut dire qu'à part travailler et prendre le train (moi) ou travailler à pas en sortir de l'appart (M. Léludemoncoeur), on ne fait pas grand grand chose dans notre ville. On n'est pas encore les pivots du comité de notre quartier. Mais faut bien dire ce qui est: à huit heures et demi du soir, fait mort dans le centre-ville...







